POLE CULTUREL THEATRE – CINEMA – DANSE

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Le nouvel espace Aragon renforce son identité et s’étire pour retrouver une place dans la ville et sur la scène. En jouant de la frontière entre nature et bâti, les différents espaces proposés participent à la mise en valeur des activités d’exposition, de spectacles vivants (danse, théâtre, concerts) et de cinéma.Installé dans un site en pleine mutation, le projet de restructuration et d’extension du Pole culturel « Espace Aragon » s’inscrit dans un projet global de redynamisation du territoire. La nouvelle Communauté de Communes du Grésivaudan portait alors l’enjeu de réaliser un territoire cohérent d’une vingtaine de communes, aujourd’hui près de cinquante, en faisant face à la désindustrialisation d’un site ouvrier marqué par les fermetures successives des papeteries.
La ville de Villard-Bonnot s’étire en pied de vallée le long de la voie passante. Le massif de Belledonne, parallèle à cette voie marque une frontière abrupte de forêts au sud, véritable décor d’arrière-plan. Cette « ville-rue » trouve sa respiration vers le nord dans une atmosphère et une lumière particulière. Elle est essentiellement constituée de maisons d’habitations parsemées de papeteries des années 1850 en contrejour dans la forêt qui profitaient tant de la houille blanche que du bois disponible. Des présences fortes et sombres venant ajouter leurs masses à l’ambiance du lieu.

Le processus de reconversion permit de réhabiliter pour partie certaines papeteries en centre sportif, d’autres en pépinières d’entreprises, ramenant de l’activité dans la ville, tandis que le Pole culturel avait pour atout d’être le seul équipement de ce type sur l’ensemble du territoire. Il devait alors prendre la dimension de cette nouvelle échelle, bénéficiant en quelque sorte d’un effet de « décentralisation » tout en conservant sa programmation éclectique et exigeante. Notamment sa qualification de cinéma indépendant « Art et essais ». Il venait ainsi compléter le dispositif de redynamisation sans avoir à s’inscrire dans un bâtiment patrimonial existant.

Au travers de ce projet d’architecture se cristallisait ainsi la demande de créer un ouvrage qui, à l’instar des papeteries en leur temps, serait à même de profiter de son contexte pour créer un essor qui bénéficierait aux techniques et aux emplois locaux. Les objectifs en étaient la relance de la filière de la construction, la recherche de performances anticipant la toute nouvelle Réglementation Thermique 2012, la recherche d’innovations et de techniques constructives qui favorisent l’optimisation de l’utilisation des ressources ainsi que la préfabrication en ateliers, vecteurs d’emplois « stables ».Le complexe culturel jusqu’alors, bien que faisant front à la mairie, participait au sentiment de délitement du lieu. Trop en retrait de la voie principale, la tension entre les deux bâtiments ne parvenait pas à trouver un équilibre de centre-ville ni à donner un sentiment fédérateur de place publique. Le bâtiment, construit dans les années 80 avait subi de multiples transformations et se révélait désormais trop étroit et peu adapté aux différentes activités.

Le parti-pris fut ainsi de rétablir sa présence urbaine en laissant transparaitre le caractère paradoxalement naturel du site, et d’accompagner dans un mouvement la fermeture de la place de façon à la rendre lisible. Par un volume de bois, l’équipement se rapproche de la rue en affirmant sa vocation culturelle, rendant visible le profil de la nouvelle salle de cinéma.

Appuyé par la forêt en arrière–plan, la clairière se poursuit sous le volume qui semble flotter en créant des « frottements » d’usages et donne à voir le cœur artistique de l’ouvrage. L’enjeu à la réussite de l’équipement résidait dans sa capacité à être un outil de démocratisation culturelle qui fasse le pont entre un public varié, plus ou moins acquis à l’art, et une programmation oscillant entre produit grand-public et présentation d’oeuvres « pointues ».

Ainsi, la première pièce de l’équipement se situe à l’extérieur, dans la clairière entre la forêt et le bâtiment, elle sera au gré des financements un espace de projections en extérieur (la façade sud du bâtiment pouvant faire support), préservé de la ville et profitant de sa situation privilégiée très facilement accessible.La salle d’exposition, fortement ancrée dans le paysage, prolonge la clairière vers la ville. Elle est au plus proche des parcours liés au site et participe tant à la perception lointaine du lieu qu’à accompagner les parcours extérieurs des utilisateurs de l’équipement en révélant son contenu artistique. Elle offre un espace variable à l’opposé des espaces classiques d’exposition, voulu comme un «stimulateur» de création, un défi à l’appropriation et l’exposition pour qui souhaite se mettre en scène : placée sous le volume de bois brut qui suit les déformations de la nouvelle salle de cinéma, entièrement vitrée sur le site, elle devient matrice à la conception et à la mise en situation des productions culturelles et artistiques contemporaines, créant un cadre particulier, unique.

Les espaces d’accueils offrent des vues plongeantes sur la salle d’exposition, apportant au spectateur un regard particulier sur les collections présentées. Il fait le lien entre les salles de spectacles accessibles en étage, la salle d’exposition et l’espace de réception – cafétéria qui peut s’ouvrir, animer la place et bénéficier du déambulatoire couvert.

Le volume opaque contient la nouvelle salle de cinéma ainsi que les espaces de bureaux. Entièrement clos de bois par une façade de lattes colorées coté ville, de bois brut ajouré en sous face et sur les façades coté nature, il est complété d’un plancher ajouré de type sarking en toiture. Constitué d’un ensemble de portiques bois préfabriqués et assemblés sur site, contreventé de panneaux bois supports de l’étanchéité à l’air, de l’isolation, il se complète du parement de façade monté sur silenblocs qui viennent compenser la faible inertie acoustique de ce type de construction de manière à assurer le confort de la salle. Celle-ci assume sa réalisation en bois et en donne une lecture contemporaine par une ossature qui s’enroule autour de l’écran dans un lien fort entre l’objet du programme (projection cinématographique) et la lecture de l’espace qui en résulte.Les performances de l’enveloppe ont été complétées par un système de ventilation double-flux qui exploite par géothermie les ressources des nappes riches en eaux du site.

Par un effet étrange du calendrier, les premiers spectateurs découvraient la nouvelle salle par un accueil aussi spontané que chaleureux d’applaudissements tandis qu’au dehors la ville nettoyait les papiers multicolores qui l’avaient récemment et littéralement recouverte, marquant la fermeture de la dernière papeterie en ouvrage. L’activité, loin de s’arrêter, peu à peu se transformait.

Maîtrise d’oeuvre :
WIMM ARCHITECTES mandataires
BETIP : VRD – Aménagements extérieurs
BUREAU MICHEL FORGUE : Economie de la construction
CBS / CBT : Ingénierie structure bois
INGEXCO : Ingénierie structure béton
NICOLAS INGENIERIE : HQE – Fluides – Thermique
THERMIBEL : Ingénierie acoustique
SINEQUANON : OPC
Entreprises :
MOULIN TP : Terrassements – VRD
CAMIBAT : Gros-oeuvre
LIFETEAM : Charpente bois – Vêture bois – Couverture
HORS D’EAU : Etanchéité
ACGP-CACI : Serrurerie – Métallerie
SERAG : Menuiseries Aluminium
BPS 38 : Menuiseries bois
BVD ISOLATION : Doublages – Cloisons – Faux-plafonds
ARMS : Sols souples
CCP : Carrelage
SPRBC : Peintures
SFIE : Electricité C. Fo. C. Fa.
STREIFF : Chauffage – Ventilation – Plomberie sanitaire
MUSSIDAN : Fauteuils de spectacle
THYSSENKRUPP : Appareils élévateurs
VALGO : Désamiantage
CINEMATERIEL : Projection